jeudi 7 juillet 2011

JOURNAL (II)

Début: 12:36
Date: 01/05/2011

            Aujourd’hui c’est le 1er mai, jour de revendication par excellence des droits des travailleurs. Depuis début 2008, la situation économique s’est carrément aggravé et les derniers chiffres montrent que le taux de chômage est devenu critique en Espagne: il y a 5 millions de chômeurs. 5 millions, c’est hallucinant! Apparemment, la population «s’est habituée» à vivre dans une «crise constante». Cette journée peut être appropriée pour sortir dans les rues et critiquer la diminution sans cesse des « privilèges » sociaux dont on profitait naguère, comme la retraite à 65 ans ou l’éducation universitaire publique accessible à tout le monde.
            Au fils des ans j’ai acquis une expérience professionnelle courte mais diverse. J’ai été balayeur durant tout un été et je travaille dans la recherche au jour d’aujourd’hui. Plusieurs de mes amis qui ont un diplôme universitaire, sont au chômage. Mayi, par exemple, brillante étudiante qui a fait des études d’architecture et de musique en même temps, et qui est en train de finir son deuxième master, travaille en donnant des leçons d’accordéon aux enfants à Orio. Aitor, ingénieur industriel qui travaille dans mon même labo, est en train d’accomplir son deuxième année de doctorat. Il touche 900€ par mois.
            J’observe, abasourdi, comment les jeunes les plus préparés, les plus capables et les plus intelligents luttent pour pouvoir habiter au Pays Basque, pour pouvoir payer le loyer, l’essence, l’hypothèque ou les couts d’élever une famille. Ce n’est pas si facile de faire partie de la «génération stagiaire».
            À mon avis, l’avenir de nôtre société de bien-être est incertain. Je prévois qu’à moyen terme on devrait encore immigrer en Allemagne, aux États-Unis, en Chine ou ailleurs. Les experts affirment que notre génération va être la première, au cours de l’histoire récente, à vivre dans les conditions pires que ses prédécesseurs. Seulement un changement radical de la production, de la consommation, de la structure politique mondiale et des mo9eurs de ses habitants pourrait renverser la situation. Et, soyons sincères: cette révolution est largement improbable, malheureusement, à court terme.

Fin: 13:38

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