jeudi 14 juillet 2011

LES RACINES ET LA GLOBALISATION: SUR QUEL CONTINENT AIMERAI-JE VIVRE?


Page 99, exercice 10
«Vu les nouveaux enjeux géopolitiques du XXIe siècle, sur quel continent préféreriez-vous vivre et pourquoi? Développez votre réflexion dans un texte argumenté»
Début: 11:34
Date: 12/05/2011
            Mes parents sont nés à Gipuzkoa. Mes grands parents aussi, de la même façon que les grands parents de mes grands parents. Je pourrais vous assurer, par conséquence, que mon arbre généalogique des derniers siècles se limite a cent kilomètres a la ronde. Je me sens heureux d´être né dans un milieu riche et prospère, mais ce qui me rend plus heureux c´est le fait de ne pas avoir de problèmes de consanguinité avec un tel dossier génétique!
            Au jour d´aujourd´hui, à cause du développement des communications et du transport, l´impossible est devenu réel: se marier avec une dame japonaise, habiter en Australie et partir en vacances aux Etats-Unis! Le miracle de la mobilité a modifié la perception qu´on a sur les limites du «monde habitable»: pour mes grands parents la fin du monde était en France («c´est plus loin que la France!»), même s´ils habitaient a 40 kilomètres de la frontière; pour ma génération, néanmoins, il n´y a plus de limites. Les seuls limites possibles restent à l´intérieur de chacun: les liens émotionnels, la maitrise des langues, les préjugés.
            D´abord, je dois admettre que j´ai de la chance de mon coté: je suis blanc, européen, de racines catholiques et j´ai eu l´opportunité d´étudier a l´université, donc, je peux choisir. Par contre, si vous êtes noir, africain et sans racines catholiques, vous n´avez pas du tout la possibilité de choisir dans le monde occidental.
            Mais la décision est toujours difficile à prendre. Je ne connais pas l´Afrique, je ne connais pas l´Asie, je ne connais pas l´Océanie, et même si j´ai fait de courts séjours aux Etats-Unis ou en Argentine, mon ignorance en la matière est totale. C´est vrai que j´aimerai visiter toute l´Amérique, du Nord au Sud; la Chine et le Japon; la Russie, l´Ukraine, la Turquie, le Maghreb, la Cote d´Ivoire, le Mali, l´Ethiopie.
            Cependant, ce qui est clair comme de l´eau est que je suis basque, que je viens de l´Europe occidental, et que j´ai bu notamment de la culture espagnole, française et anglo-saxonne. Impérialiste, colonialiste, envahisseur, capitaliste, militariste: ces sont mes antécédents, j´avoue. Pourtant, j´aime y habiter, parce que –même s´il reste très loin- je conserve toujours l´espoir de pouvoir changer tout ce que je déteste.
            Bref, a mon avis, de sorte qu´on ne peut pas choisir sa famille, il n´y a pas moyen de choisir le continent. C´est le continent qui t´as choisi. C´est toi que fait partie intégrante de la vieille famille européenne, et même si on ne peut pas «tuer le père et baiser la mère», on peut toujours les faire entrer dans une résidence pour personnes âgées…
Fin: 13:01

OUT ON THE WEEKEND


mercredi 13 juillet 2011

LA LANGUE ET L´HOMME


Début: 21:16
Date: 10/05/2011
            Dès que les écrits de Wittgenstein furent publiés, la langue est devenue l´une des plus importantes axes de la philosophie occidentale. L´union entre le langage et les pensées reste, néanmoins, encore inexploré. Les questions se multiplient : comment fonctionne la pensée humaine? Les mots, sont-ils une voie ou, au contraire, sont-ils la colonne vertébrale –la substance- de la pensée? Ou sont-ils, peut-être, la façon qu´on a développé pour traduire les images et les obscurités, les pulsions et les passions qui habitent dans notre for intérieur?
            Mystère. Personne n´a encore déchiffré le baba du cerveau humain. Cependant, c´est une des questions qui attire le plus et frappe l´homme : son propre fonctionnement. On ne pourrait pas séparer l´homme du langage, comme on ne peut pas le séparer de la musique, de la création, de la curiosité ou de l´imagination. Tout cela est inné.
            À vrai dire, ce n´est pas si commun qu´on réfléchisse sur quelque chose qui est si près de nous, qui est part inséparable et présent de notre vie quotidienne. Quant à moi, c´est la première fois que cela m´arrive.
            Tout a commencé avec mon erreur «capitale» ; j´ai honte, mais je peux vous confesser que je ne discerne pas très bien le genre –grammatical-. Même ma chère professeure d´espagnole, qui était impitoyable en ce qui concerne la grammaire, n´a pas réussi à corriger ma «promiscuité» grammaticale. Elle me disait que cette faute était très commune chez les enfants bascophones, mais que c´était déjà l´heure de devenir «grand». En basque il n´y a pas de genre ; par conséquence, je n´ai jamais réfléchi si il fallait dire «el coche» ou «la coche» jusqu´à l´âge de huit ans. Trop tard, n´est-ce pas? Plus tard, quand j´ai commencé à apprendre le français, j´ai découvert que le genre pouvait changer d´une langue à l´autre. On ne disait pas «le voiture», non non, c´était «la voiture». Mais quel bazard! Même les autres langues étaient contre les bascophones?
            Mais nooon. Bien évidemment, ces petites nuances enrichissent les langues. Comparons par exemple un mot français, «la mort», avec son équivalent basque, «heriotza». Même si le genre est spécifié dans le mot français, dans ce cas-là, je préfère le basque pour sa sonorité et pour sa froideur et silence. Ce n´est pas une question de compétition, bien sûr, il s´agit plutôt du divertissement un peu «freak».
            Les langues (comme les hommes), d´un autre coté, ne sont pas attachés aux drapeaux et ne connaissent pas de frontières. «De nouveau à parler politique?» Oui et non: souvent, unir une langue et une culture à un drapeau signifie marginaliser les autres qui sont au-delà du drapeau. Les basques savons bien qui sont les principales victimes de ces pensées: les langues minoritaires en état diglossique.
            Jouons avec les langues, promouvions leur apprentissage. Les langues se sont créées pour comprendre l´autre, et pas pour lutter contre l´autre! Notre cerveau ne connaît pas de frontières; oublions, donc, les pensées uniformistes, voire exclusifs, genre «Un état, un drapeau, une langue», qui pourrait aboutir a «un monde, un drapeau, une langue». Cela serait vraiment dingue!!! Ou quelqu´un voudrait-il habiter dans un monde où on écouterait toujours la même musique et la même chanson?

Fin: 22:43

HERE TODAY, THERE TOMORROW


mardi 12 juillet 2011

LES MÉTHODES SANGUINAIRES DU DERNIER NOBEL DE LA PAIX


Début: 13:07
Date: 08/05/2011
            Le 2 mai 2011 les États-Unis ont «éliminé» le criminel le plus recherché du monde, Oussama Ben Laden. L´opération était suivi en direct depuis la maison blanche, comme s´il s´agissait d´un film «made in Hollywood». Cependant, plusieurs voix se sont élevées contre la réalpolitik américaine et tout le monde se demande si la fin peut justifier les moyens.
            Le lendemain de l´opération, les rues de plusieurs villes des Etats-Unis ont été inondées par une foule qui célébrait la mort de Ben Laden. Le chef d´al-Qaida, responsable des attentats de 11-S et 11-M, a été tué lors d´une opération en terres pakistanaises. L´effondrement des tours jumelles a été un choc énorme pour la population américaine, et certains d´entre eux ont libéré avec ardeur la colère qui pourrissait leurs âmes depuis l´attaque de New York.
            Mais, je me demande: n´avez-vous pas discerné des gestes primitifs, pas trop démocratiques, dans toutes ces célébrations? Le but de l´opération contre Ben Laden n´était pas la libération d´un peuple ou la restauration de la démocratie; c´était, pur et simplement, de la vengeance, de l´assassinat à sang froid.
            Ils n´ont pas pris en considération la loi international; ils ont fait une opération militaire à l´étranger sans aucun permis du Pakistan; ils ont tué un homme qui n´avait aucun moyen de se défendre; et, finalement, ils ont jeté son corps au fond de l´océan. D´ailleurs, ils ont admis sans aucun problème que l´information de la localisation d´Osama a été recueilli en torturant des prisonniers à Guantánamo.
            A quoi servent la carte des droits de l´homme, les Nations Unis, le tribunal de La Haye, la loi internationale ou les droits des prisonniers? Les États-Unis perdent encore et encore l´autorité morale pour faire face au terrorisme. Ce n´est pas une guerre de libération, ce n´est pas une victoire de la démocratie; c´est de la guerre sale. Ils font face au terrorisme, mais avec des méthodes terroristes. Œil pour œil, dent pour dent.
            On n´est pas plus libres ou plus sûrs depuis la mort de Ben Laden, et cela était clair, même pour ceux qui célébraient sa mort.
Fin: 13:59

lundi 11 juillet 2011