lundi 22 novembre 2010

EUSKARAZKO NOBELA BATEN HITZAURREA

Munduak momentu honetan 6800 milioi biztanle omen ditu, horietatik 800000 euskaldunak, hau da, %0.011765. Egunkariek argitaratutako inkestei kasu egiten badiegu, irakurle potentzial horietatik demagun %55ak irakurtzeko ohitura duela (440000), eta irakurtzeko ohitura duten horietatik %35ak euskaraz irakurtzen duela askotan (154000). Haur eta gazte literaturaren esparrua alde batera utzita, demagun mundu osoko irakurle euskaldunen artean, euskaraz eta gehienbat haur literatura ez dena irakurtzen dutenen portzentajea %40koa dela. Hau da, gutxi gorabehera, helduentzat euskaraz kaleratzen den liburu bakoitzak 60000 pertsonako irakurle-talde potentziala du, munduko biztanleriaren %0.00088a.

Datu hau nahiko erreala dela esan dezakegu. Euskara hutsean idatzitako egunkari bakarrak, Berriak, 65000 irakurle ditu eta gehien saltzen duen euskal idazleak, Bernardo Atxagak, Soinujolearen semea nobelaren 15000 ale inguru saldu zituen (izugarrizko “hit”-a, euskaraz eta helduentzat idatzitako liburu baten mila, bi mila edota hiru mila ale saltzea izugarrizko balentria editoriala dela kontuan hartuta).

Euskal idazleak mundua aldatzeko idazten badu, jai dauka. Dirua eta arrakasta baditu amets, kotoi-sail batean lan egitea kasik errentagarriagoa litzaioke, idazten pasatako nekeak eta denborak bertan inbertituz.

Izan ere, estatistikoki, hau irakurtzen ari bazara salbuespen bat zara.

jeudi 18 novembre 2010

L’ALLÉGORIE DE LA CAVERNE: LA TÉLÉVISION


Personne ne croyait guère que cette petite boîte allait changer la vie de toute la population mondiale. Au début des années 50, la télévision a commencé une invasion silencieuse et subtile; elle est entrée, petit à petit, dans chaque maison, dans chaque bâtiment, dans chaque école, en profitant de nos faiblesses humaines: l’ennui et l’épuisement.
Récemment, concernant une nouvelle proposition de loi visant à protéger les enfants des scènes de pornographie et de violence à la télévision, on se demande si l’application de cette prohibition pourrait être considérée comme une censure.
On pourrait dire que ce n’est pas une question de censurer ou de permettre; c’est un question de responsabilité et de cohérence: il ne s’agit pas d’interdire les émissions pour les adultes, mais de les réguler. Si on régule l’entrée au cinéma, aux sex-shops ou aux bars, on devrait aussi, dans la mesure du possible, réguler les horaires des émissions pornographiques et violentes à la télévision. Et, qui plus est: on constate que le besoin d’un type de contrôle, tel qu’il soit, est urgent si on tient compte de la liberté d’accès des plus jeunes au petit écran.
Bien évidemment, la passivité des parents à l’heure de contrôler ce que leurs enfants regardent n’aide pas beaucoup. C’est clair qu’on apprend chez soi le plaisir obscène de la consommation irresponsable des tonnes et des tonnes de télé-poubelle. Les enfants font, généralement, ce qu’ils voient (combien de fois s’allonge-t-on sur le sofa après une dure journée de travail pour lire Stendhal en écoutant de la musique classique?) et comme dit si bien le proverbe espagnol: «tout s'attrape sauf la beauté».
L’enjeu éducatif exige un total dévouement et beaucoup de patience, ce qu’apparemment, n’ont pas les parents espagnols: 70 % d’entre eux, selon le CIS (Centre d’Investigations Sociologiques), ne contrôlent pas ce que leurs progénitures regardent. Selon cette enquête, les enfants passent la même quantité d’heures devant la télé qu’en classe, bien que tout le monde sache que la télé est loin d’être un modèle ou une référence éducative.
En considérant la grande innocence et la sensibilité des enfants d’entre 4 et 12 ans et le manque absolu de contrôle, une programmation de qualité et une régulation responsable sont nécessaires. Des assassinats, de la violence gratuite, des bains de sang, des enlèvements violents ou Arnold Schwarzenegger avec un énorme pistolet-mitrailleur un dimanche après-midi à 16 heures n’est pas tolérable.  
La question qu’on devrait se poser, avant de discuter l’approbation de cette proposition de loi, concernerait le modèle de télévision qu’on veut. Quelqu’un se demande-t-il quelle est, d’abord, la fonction de la télévision? 

Est-elle une nourrice bon marché? Est-elle une prestidigitatrice qui fait l’impossible: hypnotiser ces petits diables bruyants et agitateurs? Est-elle, comme bien critique Saramago dans le roman « La caverne » en utilisant le mythe de Platon, la machine qui nous menotte au sein de la caverne sans nous laisser découvrir la lumière? Ou est-elle un outil qui, en plus de divertir, devrait aussi éduquer et cultiver la personne?

lundi 15 novembre 2010

LE JEU DU TÉLÉPHONE ARABE

POTEMKINE: LE MINISTRE TSARISTE, LE CUIRASSÉ ET LE GROUPE DE ROCK
Chez les jeunes, à Arrasate et aux alentours, le nom « Potemkine » est surtout lié avec le groupe de rock’n’roll d’Oñati; un groupe dur, rocker, influencé par The Cult, Guns’n’Roses ou AC/DC et inspiré par l’élan révolutionnaire des marins du Potemkine (un curieux mélange -à certains égards même paradoxal- des cultures anglophone et soviétique, n’est-ce pas?).


On peut considérer que c’est cette même envie de dénoncer les injustices et la répression et de mythifier la révolte le moteur du film muet « Le Cuirassé Potemkine » (1925, Sergueï Eisenstein), l’un des plus applaudis chefs d’œuvres de l’histoire du cinéma. Cette mutinerie avait sans doute fait date dans le contexte de la révolution russe de 1905 et c’est devenu, après le succès de la Révolution d’Octobre, une référence historique et cinématographique incontestable pour la propagande politique et culturelle de l’émergente puissance communiste. (Une autre curiosité: c’est hors du commun dans l’histoire de l’art que, comme dans ce cas là, l’œuvre surpasse les faits. On ne pourrait citer que le cas de Gernika : malheureusement, à l’échelle mondiale le tableau de Picasso est plus connu que le massacre fasciste).


Mais quelle est l’origine du mot « Potemkine » ? Les russes ont baptisé le cuirassé en honneur à Grigori Potemkine, militaire tsariste et membre du gouvernement de Catherine II (nom, en même temps, d’un autre cuirassé russe du début du XXème siècle), accusé d’avoir construit des villages imaginaires pour impressionner l‘impératrice. Selon Wikipedia, les villages Potemkine étaient « de simples mais luxueuses façades érigées à la demande du ministre russe Potemkine destinées à masquer la pauvreté des villages lors de la visite de l'impératrice Catherine II en Crimée en 1787 ». De toute manière, même si, selon les biographes de Grigori Potemkine, cette accusation semble injuste et très douteuse, le concept des villages Potemkine s’est très étendu.


Ainsi, les dirigeants bolcheviques qui ont glorifié la prouesse des marins ont été plusieurs fois accusés d’avoir bâti des villages Potemkine… Le but : faire croire aux intellectuels étrangers qui visitaient l’URSS que les avances culturelles, industrielles et économiques qu’ils voyaient étaient la norme et pas, comme en réalité, l’exception. Lidia Zhigunova, linguiste qui explore dans sa thèse « Stefan Zweig and Russia » la relation de l’écrivain avec la Russie, raconte la visite de Zweig à la « patrie du socialisme ». Il était, comme avait été Catherine II selon le mythe, ébloui par  « l’homme nouveau » que la structure communiste était en train de concevoir. Toutefois, la dernière nuit de son séjour, juste avant de partir, il a trouvé dans sa poche une petite note manuscrite. L’auteur, anonyme, lui conseillait de bruler la note après l’avoir lu:
« Don’t believe everything one tells you. Don’t forget that with all that they show you, there is much that is not shown you. Remember that most of the people who talk to you do not say what they wish to say but only what they may tell you. We all are watched and you yourself no less... »
C’était l’année 1928, et l’un des plus grands et macabres « architectes » des villes Potemkine, Joseph Staline, avait déjà expulsé Léon Trotski du Bureau politique. On dirait que le crie de justice et de liberté des marins du Potemkine a été, comme dans le jeu du téléphone arabe, mal transmis et dilué au fur et à mesure que le régime stalinien se développait.

 Post scriptum: Jean Ferrat (aussi) chante Potemkine


M'en voudrez-vous beaucoup
si je vous dis un monde
Qui chante au fond de moi
au bruit de l'océan

M'en voudrez-vous beaucoup
si la révolte gronde
Dans ce nom que je dis
au vent des quatre vents 

Ma mémoire chante en sourdine
Potemkine 

Ils étaient des marins
durs à la discipline
Ils étaient des marins,
ils étaient des guerriers

Et le cœur d'un marin
au grand vent se burine
Ils étaient des marins
sur un grand cuirassé 

Sur les flots je t'imagine
Potemkine 

M'en voudrez-vous beaucoup
si je vous dis un monde
Où celui qui a faim
va être fusillé Le

crime se prépare
et la mer est profonde
Que face aux révoltés
montent les fusiliers 

C'est mon frère qu'on assassine
Potemkine 

Mon frère, mon ami,
mon fils, mon camarade
Tu ne tireras pas
sur qui souffre et se plaint

Mon frère, mon ami,
je te fais notre alcade
Marin ne tire pas
sur un autre marin 

Ils tournèrent leurs carabines
Potemkine 

M'en voudrez-vous beaucoup
si je vous dis un monde
Où l'on punit ainsi
qui veut donner la mort

M'en voudrez-vous beaucoup
si je vous dis un monde
Où l'on n'est pas toujours
du côté du plus fort 

Ce soir j'aime la marine
Potemkine

jeudi 11 novembre 2010

ARGAZKIA

Lagun batek blogeko diseinua ikusi ondoren bidalitako argazkia


ARGAZKI BAT ETA PIANO LEZIOA (I)

Mezzoforte da. Sakatu tekla txori bat hegaldiaren ondoren adar gainean pausatzen den eran.

vendredi 5 novembre 2010

AULKI-JOKOA EDOTA ZER PASATZEN ZAIO UXUERI AULKIEKIN?

Terapiaz terapia nabil: hasteko, nola ez, blog honetan idazterena. Edo besterik gabe, idaztearena. Nahiz eta blogean egiteak baduen patologikotik zer edo zer.

Eta hori gutxi balitz, solasaldi literarioetara joaten hasi naiz berrogei urte inguruko emakumez inguratuta liburuei buruz hitz egitera; harrapazank!

Egia esatekotan, askotan Alkoholiko Anonimoen antza handiegia hartzen diet horrelakoei (kaixo, X izena dut, badira hiruzpalau egun liburua amaitu dudala, gustatu zait eta abar –okerrena, bilerako guztiek, hurrenez hurren, berdina errepikatzen dugula da–). 

Harira: terapia kolektibo literario horietako lehen saioan Uxue Alberdiren Aulki-jokoari buruz hitz egin genuen, gidari Mikel Ayerbe genuela.

Liburu batzuk transmititzen didaten hasierako tankerak, ez dakit zergatik, askotan ez dit uzten aurrera egiten. Argi daukat Uxueren lana duina dela eta nik ez nukeela hobeto egingo, baina irakurle naizen aldetik desengainatuta sentitu nintzen lehen kapitulua irakurri nuenean. O ez!, nioen liburuaren lehen lerroak irakurri bitartean, beste Goenkale literario bat, au secours! “Hunkidura kuttunak”-en azalak ere ez du askorik laguntzen (idazleak aitortu digu Lander Garroren argazki bat erabili nahi zuela, baina Elkarrekoak ezin hasiko dira ba Susa-koen tendentzia kopiatzen!) eta liburuaren inguruko aurrejuzkuek (tamaina, gaia…) Batxilergoko mailetan azterketa aurreko gauean irakurtzeko liburu perfektu gisa klasifikatzera eraman naute irakurri aurretik.



Ez dut mingarria izateko asmorik, baina zintzo hitz egin nahi dut: solasaldietarako ez balitz, ez nukeen liburua osorik irakurriko. Lehenengo lerroetan ez zitzaizkidan gustatu solaskideek goraipatutako estilo eramanerraz eta samurregia, kontakizuna politikoki zuzenegia izango zenaren sentsazioa edota Peneloperen itxaroteari eginiko erreferentzia (nik harrapatu nuenerako, klixe nabarmenegia).

Liburua aurrera joan ahala, hala ere, nire hasierako sentsazio apokaliptikoak apaltzen joan ziren. Pertsonaien ahotsek ongi josi dute istorioa, polifoniak on egin dio erritmoari eta bi planoen arteko joko zaila (gerra zibileko garaia eta oraingoa konbinatzen dituena) ongi josi du. 

Idazlea bertan izan da -apartak iruditu zaizkit egin dituen aurkezpena eta emandako azalpenak- eta eleberria idazterakoan buruan zeukan gai nagusia duintasuna dela esan du: zaharrena (bestalde, sinesgarritasunez gerturatu dela iruditu zait zaharren mundura) eta emakumeena (jarraian idatzi dituen bi bortxaketak: Teresari ilea mozten diotenekoa eta sexualki bortxatzen dutenekoa). Feminismoaz aritu da, eta heriotza barneratzeak, gertu ikusteak, eragin zion larritasunaz, zalantzaz eta shock-az. 

“Yo siempre he pensado que a los escritores es mejor leerlos y conocerlos de lejos, pero no conocerlos personalmente porque se pueden sufrir terribles desengaños” dio Arenas-ek amaitu berri dudan “Antes que anochezca” autobiografian. Carlos Fuentes idazle mexikarrari buruz hitz egiten du, “no parecía un escritor, sino una máquina computadora; tenía una respuesta exacta y al parecer lúcida para cualquier problema o pregunta (…) parecía ser un hombre que no tuviera nungún tipo de dudas, ni siquiera metafísicas; era para mí lo más remoto a lo que podía compararse con un verdadero escritor”. Uxueren kasuan behintzat ezin esan dezakegu parekorik, duin eta umoretsu defendatu baitu bere liburua.

Mila saltsetan batera omen dabil (Oier Gillan-ekin batera burututako Hitzen Ubera bere azken proiektuaren kalitatea eta dinamismoa ikustea besterik ez dago) eta egunero idazteari ekin diola aitortu digu. 

Nire gusturako, nahiago nuke Uxueren hurrengo aulkia, Neguko zirkuko Harkaitz Canoren ipuin bat gogora ekarriz, biguna izan ordez Kafkaren hura balitz: deserosoa, bizkarraldean sabeltxo bat duena…